Bientôt 6 jours que je suis en Bolivie... Et effectivement “la tête dans les étoiles”, au sens propre comme au figuré puisque, depuis mon entrée dans ce qui me coute d'appeler “la dernière étape de mon voyage”, je ne suis pas descendu en dessous de 3600 m d'altitude (avec des nuits a plus de 4000 m) !
Et tellement de choses se sont passees depuis que je vous ai laisse a San Pedro de Atacama. Je vais devoir passer rapidement sur cette matinee ou mon reveil a sonne a 3h30 pour aller voir les Geysers du Tatio. Pour l'anecdote tout de
même, ce matin là (ou "cette nuit là", plus exactement), en sortant de ma chambre pour aller prendre ma douche (douche commune... mais chacun son tour , quand meme... j'ai bien déjà essayé de
jouer le naif “Ahhhhhhh, disculpe chica, no entiendo bien el español”), je croise dans le froid (a cette altitude la nuit, la température descend a -10ºC), 4 touristes qui semblent avoir pris
l'expression “s'impregner de la culture du pays” au pied de la lettre, en commencant par la decouverte des boissons locales. Pas “impregnés”, “imbibés de la culture du pays", ouais!! Et
fatalement, ils m'interpellent:
“- Donde vàs, chico ?”
“-Euuuuuuuh, voy a ver a los Geyser”. Rôôôôô, le coup de vieux, quoi! Meeeeerde, je devrais etre avec eux, moi, en train de picoler ! Bon, allez, non, ca va etre cool ces Geysers,! Motivé ! T'as toute la vie pour faire la fête!... ... ... Tiens, y'a pas d eau chaude...
Bien entendu, au final, ca valait la peine. Tout de meme impressionant ces colonnes d'eau bouillante et de fumee ejectées droit dans le ciel par un magma a fleur de sol. La terre en furie, quoi ! Et moi, encore un peu endormi dessus... “Tu crois que tu m impressionnes Pachamama (*)?”
A contre-coeur, je vais devoir également passer rapidement
sur cette derniere nuit Chilienne, ou nous sommes alles admirer les etoiles avec les explications aussi interessantes que poilantes d'Alain, un “astrophysicien” installe la-bas (ou “ici”, comme
vous voulez. Ca depend d'ou on se place, quoi. Ben ouais, la relativite... on est en plein dans le coeur du sujet, là), installé ici, je disais, puisque cette region du monde se prete
particulierement a l'observation du ciel. 300 jours sans nuages, 365 sans pollution lumineuse (ou si peu) et qui plus est, a cette altitude, on se sent vraiment “un peu plus pres des etoiles” (Je
sais, je sais, je viens de pourrir le cerveau des plus de 30 ans qui vont se taper le refrain de Gold, en boucle dans la tete, pour toute la journee... c'est fait expres, yek, yek, yek...). C est
également pour cette raison que s'est installe, ici, un centre international d'observation des étoiles: "Le SPACE"... C'est fou ce qu ils sont imaginatifs ces scientifiques lorsqu'il s'agit de
baptiser un projet, hein ? Un projet Americano-Russo-Francais, en l'occurrence. C'est interessant comme info? Non. Bon alors je garde toutes mes reflexions sur ce que j'ai appris à propos des
Galaxies, des naines rouges et des super Novas pour Guillaume D. (qui souhaite conserver l'anonymat) qui me pretera probablement son oreille attentive sur tous ces sujets... surtout si je cree
une diversion au niveau de son gosier en l'abreuvant de biere en quantite suffisante.
Et nous arrivons au coeur du sujet, dont je souhaite vous parler aujourd-hui: “LA BOLIVIE”.
Depart de San Pedro de Atacama a 8h00, pour une expedition de 3 jours au “Salar de Uyuni”. Et encore une fois, ma bonne etoile a pointe le bout de son nez (mais a ce niveau, la, ce n est plus un nez, c'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap ! –c'est pas mal comme tirade ca. Faut que j’la note-) et a decide que le groupe avec lequel je passerai ces 3 jours et 2 nuits sera composee de... cinq jeunes et jolies jeunes femmes et d’un seul jeun... d’un seul homme... moi! J adore ! Ca vous rappelle quelque chose ? Quand je vous dis que ce voyage c’est comme un fantasme qui tiendrait toutes ses promesses, c'est un euphemisme ! Un decor de reve avec une distribution de reve. Le “Bouf WT2008”, c est de la super-production hollywoodienne... les cachets en moins.
Nous prenons donc la route, direction le fameux Salar de Uyuni, mais avant d'arriver la, il y aura le passage
de la frontiere Bolivo-chilienne. Encore un poste frontiere improbable, perche a pres de 4 000 m.
Puis, le 4x4 qui file a travers les nouveaux paysages de cette autre partie de l’Altiplano. Je ne sais meme plus comment qualifier ce qui defile sous mes
yeux. Spectaculaire? Grandiose? Mortel? Tout ca a la fois, je crois. L'arbol de piedra qui se dresse solitaire dans le desierto Sololi, la rocas de Dali que le maitre n'aurait probablement pas
mieux peint, la Laguna Colorada d'un rouge vif qui semble etre a l’origine de la robe rose des flamants qui l'habite, les geysers du sol de la mañana “moins impressionants que ceux du Tatio,
m'enfin quand meme”, les lamas avec leur petit air hautain et vaguement stupide qui vous rappelle certainement un prof de college ou de lycee de votre enfance... Bon, le petit jeu, ici consiste a
retrouver la photo correspondante. GENIAL, NON CE BLOG INTERACTIF ??
Et puis apres tout ca, une fois le cul bien ratatine par les
km de routes chaotiques, les sacs, les yeux, le nez et les dents couverts de poussieres (oui, parce qu'on arrete pas de sourire malgre tout!), nous voila au “Salar de Uyuni”: le plus grand desert
de sel au monde. 12 000 km2 d'une etendue blanche, immaculee, a 3 650 m d altitude. A perte de vue, du blanc, du blanc, du blanc. “Perte de vue”, on ne pourrait mieux dire, car le soleil qui
tape sans pitie (la temperature monte, en journee a plus de 40ºC) fait coup double en se reflétant sur le sol de cristal pour vous aveugler totalement. Perte de repere !
Et cela fait notre joie puisqu alors, le grand jeu consiste a trouver LA photo ultime qui se joue de cette perte de perspective. Marrant, quoi !! Le “driver” du 4x4 doit nous arracher a nos appareils photos parce qu'on pourrait y passer la journee!! “Una ultima, una ultima fotografia, señor !!”.
Et au milieu de ce desert, on trouve quelque îles! En l occurrence, sur la photo, “La Isla Pescador”. Un oasis
de cactus au milieu de cet ocean de sel. Je ne savais pas que cette phrase pouvait avoir un sens litteral. Et bien, ici, SI ! Ce n'est meme pas de la poesie, ce n'est meme pas une metaphore,
c'est meme pas des bourres, c'est le salar de Uyuni!! Epoustouflant, vraiment epoustouflant!! Dur a photographier, dur a decrire... Z'avez qu a venir apres tout !! Bandes de
feignasses!
Je vous glisse aussi une petite photo des hôtels de sel ou nous passerons les deux nuits. Le sol, les briques,
les tables, les sieges, l'assaisonnement de notre soupe, tout n’est que sel. Cool !
En bref, ces 3 jours ont ete vraiment dingues-dingues-dingues. Tout a ete parfait. Que de la bonne humeur dans des paysages hallucinants.
Je n ai pas le temps de vous raconter la suite, mais en deux mots, je continue a faire un bout de chemin avec “les filles”.
Nous avons fait une première etape a Potosí ou nous avons visité les mines d argent. Au 18ème siècle, Potosí comptait plus d´habitants que Londres, Paris ou Madrid, tellement ces mines étaient fécondes. Incroyable rencontre avec des mineurs qui sont encore exploites comme au temps des mines de charbons dans le nord de la France. Interessant, troublant... mais surtout revoltant !
Sommes ensuite parti pour Sucre, d'ou je vous ecrit: On redescend sous les 3000 m mais la ville se niche a 2750 m toutde meme... Superbe ville a l'architecture coloniale.
Oups, je dois filer, rdv pour l apero ! C est ce que l on appelle un cas de force majeure, non ? La prochaine fois, il faut absolument que je vous parle des gens d'ici ! De l'atmosphère incroyable de ce pays ! C'est vraiment très très différent de ce que j'ai vu jusqu'à présent au Chili et en Argentine. C'est encore tout autre chose ! Je ne me suis jamais plus senti en pays Andin que maintenant: des femmes indiennes partout avec leurs chapeau melon dont s'échappent de longues nattes noires en cascade sur leur châle de laine aux couleurs chatoyantes (**), couleurs chatoyantes qu'on retrouve des habits jusqu'aux murs, la pauvreté et la mendicité, l'effervescence de la rue où tout s'achète et tout se vend sur des stands improvisés, la musique partout, les grands sourires sur les visages ridés... Pffffff, c'es ouf !
Des bises a tous!
(*) Pachamama, c'est la nature mère dans la culture Quechua.
(**) Ce costume, c'est le costume de la Chola qui fut imposé par un décret du roi d'espagne au XVIIIème siécle
... Hey, Blog de divertissement, blog inter-actif, mais aussi blog culturel !
PS: suivant les conseils de tOm, je ne vais donc pas vous remercier, encore une fois, pour vos commentaires et ne vais pas vous dire combien cela m a fait plaisir de vous lire!!
Trajet parfait: On
passe par la Quebrada de Humahuaca (un peu meme style que la Quebrada de la conchas, que vous connaissez bien, mais peut etre encore plus coloré). Splendide. Grandiose.
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