Yopopop !!
Bon, beeeeeeen, je m'attaque probablement au denier article de ce blog... ARRRRRRRGH, c'est la fin !!
Alors, je reprend rapidement le fil de l'aventure pour vous donner les dernieres news de mes deambulations
Bloviennes. Sans toutefois revenir sur les etapes de Potosi ni de Sucre, sur lesquelles j'ai ete avare en image, mais je suis de ceux qui vont de l'avant, de la race des fonceurs, ceux qui
ne se retournent pas sur leurs passes pour mieux vivre leurs presents... ... ... et puis surtout, ici, la connexion est merdique et charger des photos prend des heures.
Donc, depuis Sucre, il y a eu Cochabamba... que j'ai pas du tout aime ! Ben oui, pas
d'angelisme, quoi ! Quand c'est pas bien, il faut le dire. Et Cochabamba, j'ai trouve que c'etait de la crotte. Ville bruyante, pas belle avec pas grand chose d'interessant... a mon gout... Mais
ce n'est que mon avis. J'ai croise d'autres voyageurs qui ont adore Cochabamba, donc NE ME FAITE PAS DIRE CE QUE JE N'AI PAS DIT ! Un evenement majeur a rapporter quand meme: en ces periodes de
fetes chretiennes, j'ai mis ma foi a l'epreuve en escaladant les 1250 marches qui menent au Cristo de la Concordia, immense statue du Christ de 33m de haut qui se dresse sur le Cerro de San
Pedro, derriere Cochabamba (elle depasse de quelques cm celle du Cristo Retendor de Rio de Janeiro... Na !). Et a 2550 m d'altitude, malgre une condition et un physique d'athlete que me valent ma
vie d'ascete et mon alimentation particulierement legere et equilibree, ben on tire un peu la langue... sur la fin... mais ca valait le coup. Non pas qu'apres ce chemin de croix Dieu m'aie parle,
mais il faut dire que, d'ici, le point de vue sur la ville est quand meme pas mal... ne voyez dans cette derniere remarque aucun blaspheme, mais de temps a autre, comme vous pouvez le
voire, j'aime chatouiller les divines figures !
C'est donc avec plaisir que j'ai quitte Cochabamba pour me rendre a La Paz. Pour Noel ! Wouah ! Dingue ! La Paz, accrochee sur la pente raide de la montagne se trouve en moyenne a 3600 m ! Elle
"oscille", en verite entre, 3400m et 4000m: lorsqu'on deambule dans les rues, on ne cesse de monter ou de descendre. C'est veritablement physique a cette altitude !
Ici, j'ai retrouve les 4 filles du Salar de Uyuni, rencontre deux francaises
(Linda et Lara) et un francais (Sebastien (*)). Ces trois derniers m'invitent super gentiment a reveillonner avec eux ! Trop cool, trop gentils ! Pour trois d'entre nous, c'est le premier
reveillon loin des notres. Atmosphere vraiment etrange au bon sens du terme. La joie incredule de partager le plus exotique de tous nos noels, avec un soupcon de melancolie en pensant "a notre
chez nous"... Et puis assez rapidement je dois reconnaitre, apres avoir trinque de nos verres a moutarde, emplis d'un mousseux-cidre-couleur-champagne, et avales quelques verres de vins
supplementaires la melancolie est totalement dissipee et on se jette avec frenesie sur le repas de fete que les filles nous ont concocte (Wooooooow, merci les filles, z'etes des meres pour nous)
!
Parfait ! De tout les condiments utilises, c'est celui de l'inedit que je goute particulierement. Et pour que la magie de noel soit entiere, elle nous ont meme fait un petit
cadeau (**) (Wooooooow, merci les filles, z'etes des meres-noel pour nous)! Trop mignonnes ! Lara m'a offert un petit cactus en pot. Elle se marre trop a l'idee de me voir trimballer son cadeau
jusqu'en France ! Mais bien evidemment que je vais le ramener ! Hors de question de laisser ca derriere moi ! Pour finir, on deguste notre digestif (Du Chivas !) et la douce euphorie de l'alcool
(qui a cette altitude n'est plus tres douce) nous donne des envies de Messes de minuit ! Oui, Papa, oui, Maman, vous lisez bien... Je suis alle a la messe de minuit pour noel ! En moins d'une
semaine votre fils se lance dans sa deuxieme experience mystique !! Il est vrai que le fait d'etre a La Paz, dans un pays particulierement croyant, comme toute l'ammerique du sud eveille notre
curiosite. Et comme cela se passe a l'eglise San Francisco, qui est un lieu de visite immanquable de La Paz, on se dit que cela doit valoir le coup d'oeil... et qui plus est, on economise le prix
d'entree de la visite qui se monte a 30 Bolivianos en journee (eh, eh, eh) ! C'est tres pieusement, donc, que nous nous sommes rendus a l'eglise qui est effectivement magnifique ! Et puis, comme
dans nos lointains souvenirs, au bout de 10 mn, on en a ras le bol et d'un commun accord, nous reprenons le chemin de l'hostal pour finir la salade de fruit et le whisky. c'etait un pur Noel
!!
Aujourd'hui, je vous ecrit des bords du Lac Titicaca, a Copacabana ! Pas Copacabana du Bresil. Copacabana de Bolivie. Pas un string a l'horizon... mais quel
horizon, en revanche ! Majestueux, grandiose, scotchant ! Ce soir, je vais aller admirer le coucher de soleil sur le Lac, depuis le Cerro calvario. Il parait que c'est magique. Demain, je prend
le bateau pour l'isla del Sol et retour a La Paz en fin de journee. Z'aurez probablement ces dernieres photos qu'a mon retour. "Sur les bords du Lac Titicac", que j'admire au moment meme ou
j'ecris ces lignes. Ca en jette, hein ?
En conclusion, c'est incroyable comment ce périple de trois mois m'a semblé, paradoxalement, très court et très long à la fois.
Court, parce qu'avant de partir, j'avais le sentiment d'avoir une éternité de temps libre devant moi pour
profiter du voyage ET faire tout ce que l'on a pas le temps de faire au quotidien. J'ai emmené:
- plein de bouquins,
- chargé mon disque dur de plus de 30 films,
- récupéré des gigas et des gigas de musique (***),
- emmené ma guitare,
avec le bon espoir de, respectivement:
- combler mes lacunes littéraires (au lycée, rentrer un Ollie flip en finger skate(****) me paraissait être un but beaucoup plus noble que de
lire-des-bouquins-dont-de-toute-facon-y-avait-l-adaptation-au-ciné.. "Et puis francais c'est coeff 2, on s'en tape... vaut mieux un Ollie bien fait, qu'une tête bien pleine, Nan ?, Arf, Arf, Arf"
L'adolescence, quoi...),
- me débarasser enfin de ce petit bout de papier vieux de 5 ans sur lequel est inscrite la liste de tous les films pour lesquels mes potes me regardent avec un mélange de déception et de mépris,
souvent de pitié, parfois de haine quand je leur apprend que je n'ai pas vu l'objet de leur culte,
- parfaire ma culture musicale parce qu'en la matière on a jamais fini de découvrir des trésors (avec cette spécificité que c'est un des rares trésors que le propriétaire est heureux de
partager),
- et enfin réussir à passer d'un accord majeur à un "barré" en moins de 5 secondes et sans tirer la langue (ce qui rend mieux pour le morceau et pour les filles)
... ... ... ET BEN QUE DALLE !!! Le voyage m'a pris à lui seul tout mon temps. Et je ne lui en veux pas, bien au contraire ! Parce qu'il m'a apporté quelque chose de nouveau encore différent de
toutes ces choses qui me passionnent ! Et finalement, au lieu de dire "tout ce que l'on a pas le temps de faire au quotidien" il serait plus juste de reconnaitre "tout ce que l'on ne prend pas le
temps de faire au quotidien" ! Probablement, suffit-il de savoir placer ses priorités, donner du temps aux choses qui nous tiennent à coeur, eradiquer tout ce qui vient polluer notre temps libre,
ces parasites qu'on nous impose (ou plus exactement qu'on s'impose) et dont on croit dépendre... "La vertu du voyage, c'est de purger la vie avant de la garnir". Avant de partir, instinctivement
cette phrase emplissait mes tripes, à mon retour, elle s'est répandue jusqu'à mon cerveau ("J'M'EN FOUS DU BAC, J'VEUX FAIRE DU ROCK !!!" (*****))...
Donc le voyage, a garni à lui seul, ces trois mois. Organiser ses déplacements, faire, défaire et refaire son planning au gré des rencontres et des échanges avec les autres
voyageurs, s'informer sur ce qu'il ne faut pas rater et comment ne pas le rater, y aller, profiter, se satisfaire du simple spectacle de la rue, de la nature, des gens, savoir fermer un bouquin
ou ôter son casque d'i-pod pour donner du temps et une chance à une rencontre (quitte à y revenir... voyez ce que je veux dire ?), rencontrer des gens, soit tellement proche de soi, soit
tellement différent de soi, dans leur approche de cette expérience commune qu'on prend plaisir à en parler sans jamais parvenir à en tarir le sujet... halluciner de goûter à l'ivresse de la
liberté et de l'indépendance dans ce qu'elle peut produire de plus chouette ! Bon, j'ai adoré, quoi... Trop court !
Et long, à la fois parce que lorsque je fais le tri dans les photos, que je met à jour le blog et que je regarde
en arrière le chemin parcouru... Wahou, Mec !! Tu t'es bâti des souvenirs pour un p'tit moment en un temps record !! Des vagues balinaises et la délicate culture Asiatique à l'altiplano Bolivien
et ses accents hispaniques, en passant par l'incroyable île-continent Australienne, la beauté sauvage de la Nouvelle-Zélande de la si lointaine Océanie, la variéte de facettes de la splendine
Argentine, sans compter les litres de Café au lait ingurgités et les quantités gargantuesques de tarte engloutis (au citron, au chocolat, au caramel, aux noix, à la mangue,etc.), la quantité de
personnes rencontrées en cours de route, pfffff... c'est hallucinant ! Je ne peux même pas dire que c'est 5 ans de voyages (tel aue je les ai pratiqués jusque là) condensés en trois mois. Parce
que le fait d'être en "tour du monde" apporte une disponibilité de temps, avec ce droit d'en gaspiller qu'on ne s'accorde pas sur un voyage de 2 ou 3 semaines, une disponibilité d'esprit, qui ne
vient réellement qu'au bout des deux premières semaines de "break", qui impulsent une dynamique vraiment exceptionnelle au voyage... Tellement content d'en avoir fait l'expérience... C'était un
beau et grand et long voyage, peut-être une expérience que je n'aurai pas l'occasion de renouveller, ou du moins, très probablement pas sous cette forme.
Et maintenant, je dois penser au retour. Comment je me sens ? Bien ! Hyper bien ! J'aurai bien continué encore 6
ou 8 mois, j'avoue. Mais, je ne partais pas pour fuir quelque chose que je redoute de retrouver, ni pour trouver quelque chose (ou des réponses) avec le risque de revenir décu (cette déception
que l'on dénomme parfois "la déception du chasseur bredouille". Vous saviez pas ? Ben, si on l'appelle comme ca, parfois), je partais uniquement pour réaliser un rêve d'enfant: "Faire, un jour,
le TOUR DU MONDE". Ce rêve si parfaitement décrit dans ce passage de "L'usage du monde" de Nicolas Bouvier que j'ai collé dans le premier article du blog (Que l'on peut se procurer dans toutes
les bonnes connexions internet à l'adresse http://wt2008.over-blog.com/article-23377438.html ?). Et c'est fait. J'ai eu
droit à mon tour du monde. Réaliser un rêve d'enfant, ca c'est un cadeau de dingue ! Et ces mots ne sont pas juste là pour faire un effet de style, parce qu'après avoir vu l'extreme misère de
certains d'entre eux, en Bolivie, je ne peux en revenir que plein de gratitude pour le sort que la vie m'a attribué. Avec une sensibilité accrue sur certains sujets, probablement.
Et puis, heureux d'avoir réalisé ce rêve d'enfant à double titre. Parce qu'au delà d'avoir eu l'énorme chance de pouvoir le faire (disponibité de temps et d'argent) de
vouloir le faire (combien de fois j'en ai parlé avec certains d'entre vous), je suis heureux d'avoir su, à un moment donné, mis mes actes en cohérence avec mes
paroles. M'être débarassé de mes fausses excuses (le boulot, l'argent, l'appart... mon rdv chez le dentiste...), avoir surpassé ma crainte du voyage seul (vite disparue, une fois la
décision prise), avoir su me dire que ce "un jour, je ferai..." il n'appartient qu'à toi d'en fixer la date et avoir compris que personne ne le fera pour toi, bref en un mot d'avoir "agi" pour
rendre réel ce rêve, c'est ma petite satisfaction personnelle. Et ce qui me comble c'est que ca n'a éte que du bonheur. Voilà, des banalités, quoi, mais c'est une bonne conclusion pour moi. Etre
dans l'action et croire en soi. (Ca fait un peu citation de Buddy dans "Pointbreak", nan ?).
Donc quoi ? TRISTE ??? Bien sur que non !! Super content de vous retrouver, plein de projets en tête (faut absolument que je fasse la poussière sur les poutres du salon, je crois que je l'ai
jamais fait !), retrouver mes habitudes que j'aime tant et en créer de nouvelles parce qu'il y'a tant à faire ! On a parfois besoin de s'éloigner des choses et des gens pour mesurer combien on
les aime et mieux les retrouver. Bref, partir pour mieux revenir ! Todo bueno !!!
Une derniere fois, ecoutant ma maman et bravant les railleries de mes petits camarades, je veux sincerement vous remercier pour tous vos messages qui ont entretenu ma motivation a maintenir ce
blog a jour. Tous super chaleureux ou droles ou les deux a la fois. Merci bcp ! Sur le dernier "Post", ca m'a fait trop plaisir de lire, egalement, les messages inattendus et super touchants
"des lecteurs de l'ombre". "Chris" (Ma'ame Godard), Maflo (quelle surprise !) et Bertrand (c'est note pour les bieres !).
Cette fois-ci, la prochaine fois que nous echangerons, ce sera probablement en Live !
Des bises a tous !
Le BOUF !
(*) Pour l'anecdote, Sebastien se fait un periple Argentine-Bolivie-Peru a velo ! Ouf ! Des mollets et un moral
d'acier... et probablement le cul en compote ! Quand je vois le massacre dont mon fondement a ete victime au bout de 47 km dans la Quebrada de Las Conchas... je dois dire qu'il a ete un peu
choque par le traitement indigne que mon compatriote est en train de faire subir a son homologue ! Mais bon, c'est noel, on a mis les querelles de cote
(**) Oui, Maman, tu lis bien. Cette annee, j'ai ouvert mes cadeaux le soir meme ! Meme pas attendu le matin ! Je
sais qu'a ce stade tes yeux s'emplissent de larmes, mais que veux-tu, c'est le voyage, on doit s'adapter !
(***) Remarque pour les plus de 30 ans: Oui, maintenant, la musique ne se dénombre pas en nombre d'albums,
mais en nombre d'octets:
"- T'aimes bien le reggae ?"
"- Quoi ?!!, Si j'aime le Reggae !!?? Mais attend, j'en ai 120 Go sur mon PC !!"
"- Ah ouais, cool ! Et, t'as quoi ?" (à ce moment là, on peut rajouter "genre", en fin de phrase... "Et t'as quoi, GENRE ?")
"- Euuuuuh, ben, chai pas... mais chui gavé, Mec !... J'te laisse, j'file à la FNAC, faut que j'pécho un nouveau disque de 500 Giga... J'ai un pote qui a de la pure Electro... J'vais tout lui
pomper... CHUI UN DIIIIIIIINGUE, MOI !!!"
(****) Remarque pour les moins de 30 ans: Le Finger skate, c'est un skate miniature (a l'origine fait d'un bout
de carton startifié par un peu de scotch, pour donner plus de "pop" à la board et d'une cartouche d'encre coupée en deux pour les trucks et les roues), avec lequel on essaie de faire de figure
avec les doigts. Passionant, non ?
(*****) Remarque pour tous: Fameuse réplique d'un fameux film... Qui saura en donner le Titre ??
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